Vécu · Relations

Je ne demande pas Homo Perfectus Unicornis 🦄

Les Chroniques de Mea Gloria

Je demande juste un adulte capable de communiquer.

Il paraît que je suis exigeante. Enfin... je ne sais pas.

À force de faire des rencontres, je commence effectivement à me demander si mes critères ne sont pas devenus complètement déraisonnables.

Alors j'ai fait le point.

Est-ce que je recherche un homme d'1,90 m, chirurgien le jour, guitariste le soir, propriétaire d'une villa avec piscine, capable de réciter du Pablo Neruda en préparant un risotto aux truffes ?

Non.

Est-ce que j'exige qu'il ait fait quinze ans de thérapie, réglé l'intégralité de ses blessures transgénérationnelles, atteint l'éveil spirituel et communiqué personnellement avec l'Univers ?

Non plus.

Est-ce que j'attends qu'il lise dans mes pensées, comprenne mes émotions avant moi et sache exactement quand m'apporter du chocolat ?

Bon. Pour le chocolat, on peut éventuellement négocier. Mais globalement : non.

Je ne demande pas Homo Perfectus Unicornis. 🦄 Cette créature mythologique, parfaitement alignée, émotionnellement disponible, intelligente, drôle, sexy, cultivée, excellente cuisinière et probablement équipée d'un sixième sens lui permettant de détecter mes besoins à quatorze kilomètres.

Non.

Je demande quelque chose de beaucoup plus banal. Et pourtant, après quelques incursions dans le merveilleux monde des rencontres modernes, je commence à me demander si cette espèce n'est pas, elle aussi, en voie d'extinction.

Je demande...

un adulte capable de communiquer.

Oui. C'est tout. Enfin, presque.

Bienvenue dans le merveilleux monde des rencontres modernes

Le concept est fascinant.

Tu rencontres quelqu'un. Vous discutez. Vous rigolez. Vous vous racontez des choses. Parfois même — attention, phénomène extrêmement rare — vous avez une conversation intéressante.

Une vraie. Pas :

— Tu fais quoi ? — Rien et toi ? — Rien. — Cool.

Non. Une conversation où l'on parle de la vie, de nos choix, de nos projets, de ce qui nous anime.

Et là, tu te dis :

« Oh putain. Un spécimen intéressant. »

Tu ne t'emballes pas. Tu ne choisis pas les prénoms de vos futurs enfants. Tu n'as pas créé de tableau Pinterest « mariage bohème chic 2028 ». Tu ne connais même pas encore la couleur de ses chaussures en vrai.

Tu apprécies simplement l'échange. Et franchement, c'est déjà très agréable.

Puis un jour, le spécimen te dit :

« J'aimerais te rencontrer. »

Très bien. Initiative validée. La science progresse.

Et puis...

Plus rien. Silence. Disparition. Évaporation. Trou noir intergalactique. 🪐

Houston, nous avons perdu Homo Communicatus.

Et évidemment, ton cerveau veut comprendre

C'est là que commence généralement la grande enquête.

Est-ce que j'ai dit quelque chose ? Est-ce qu'il a rencontré quelqu'un ? Est-ce qu'il a peur ? Est-ce qu'il est débordé ? Est-ce que Mercure rétrograde ? Est-ce qu'un portail énergétique s'est ouvert au-dessus de sa ville et l'a aspiré dans une dimension parallèle ?

STOP.

Je n'en sais rien. Et surtout : je n'ai pas besoin de le savoir.

Parce qu'il existe une différence fondamentale entre chercher à comprendre les raisons de quelqu'un et observer son comportement.

Je ne connais pas tes raisons. Mais je vois tes actes.

Et parfois... ton absence d'acte est déjà une information.

« Mais tu es peut-être trop exigeante »

Ah. Nous y voilà. La fameuse exigence féminine.

Parce qu'apparemment, vouloir une communication cohérente serait devenu un standard Premium. Disponible uniquement avec abonnement.

Pour 19,99 € par mois, bénéficiez enfin d'un homme capable d'envoyer :

« J'ai apprécié nos échanges, mais finalement je préfère en rester là. Je te souhaite une belle continuation. »

Temps de rédaction estimé : 24 secondes. Niveau de difficulté : CE2. Connexion Wi-Fi requise : facultative.

Alors non. Je ne crois pas être trop exigeante.

Je crois simplement savoir quelles sont mes valeurs.

Et parmi elles, il y en a quelques-unes auxquelles je tiens particulièrement : le respect, la considération, la sincérité, la cohérence.

Ce ne sont pas des options. Et surtout, je m'efforce moi-même de les appliquer.

Tu as parfaitement le droit de partir

Parce que poser des standards ne signifie pas exiger que quelqu'un reste.

Au contraire. Tu es libre. Tu peux changer d'avis. Tu peux finalement ne plus avoir envie de me rencontrer. Tu peux découvrir que nous ne sommes pas compatibles. Tu peux rencontrer quelqu'un d'autre. Tu peux te rendre compte que tu n'es pas disponible.

Tu peux simplement te dire :

« Finalement, non. »

Et tu sais quoi ? C'est parfaitement OK.

Je ne te demande pas de me choisir. Je ne te demande pas de justifier ton choix dans une dissertation de quarante pages avec PowerPoint, annexes et bibliographie. Je ne vais même pas sortir le bazooka. Promis. 😂

Je demande simplement quelque chose qui me paraît profondément humain :

assumer son changement de direction.

Parce que liberté et respect ne sont pas incompatibles. On peut partir proprement.

Non, le ghosting n'est pas devenu une valeur moderne

Je sais. « Aujourd'hui tout le monde fait ça. » « C'est les applis. » « Vous ne vous étiez même pas rencontrés. » « Il ne te devait rien. »

Exact. Il ne me devait rien. Et moi non plus.

Mais depuis quand faut-il devoir quelque chose à quelqu'un pour le traiter avec considération ?

Je tiens la porte à quelqu'un dans un magasin alors que je ne lui dois rien. Je remercie le serveur alors que je ne lui dois rien au-delà de l'addition. Je préviens une amie lorsque je ne peux finalement pas venir alors que je ne lui dois pas un rapport circonstancié de mon existence.

Ça s'appelle simplement : le savoir-vivre.

La considération n'est pas un contrat amoureux.

Les mots sont beaux. Les actes sont beaucoup plus bavards.

Quelqu'un peut être intelligent. Cultivé. Profond. Passionnant. Il peut avoir une très belle vision de la vie. Il peut parler de valeurs pendant trois heures.

Et pourtant avoir certains comportements qui ne correspondent absolument pas aux tiennes.

Les deux peuvent être vrais.

Et c'est une nuance à laquelle je tiens : je n'ai pas besoin de transformer quelqu'un en mauvais être humain simplement parce qu'il m'a déçue.

Je peux penser :

« J'ai beaucoup aimé ce que tu m'as apporté. »

Et simultanément :

« Ta manière de faire ne me convient pas. »

Je peux garder le beau. Et laisser le reste.

Pas besoin de salir toute l'histoire pour pouvoir la quitter.

Mes standards ne sont pas une punition

Pendant longtemps, beaucoup de femmes ont appris à se demander :

Est-ce que j'en demande trop ? Est-ce que je suis trop difficile ? Est-ce que je devrais être plus tolérante ? Est-ce que je vais finir seule si je continue comme ça ?

Et si on changeait légèrement la question ?

Au lieu de demander : « Est-ce que mes standards sont trop élevés ? »

Demandons-nous : « Est-ce que ce que j'accepte est aligné avec mes valeurs ? »

Parce que mes standards ne sont pas là pour éliminer les hommes à la chaîne comme dans une émission de télé-réalité. Ils sont là pour protéger quelque chose de beaucoup plus précieux :

la vie que j'ai construite.

Ma paix. Mon équilibre. Ma liberté. Mon estime de moi.

Et une relation qui entre dans ma vie ne devrait pas me demander de sacrifier tout cela simplement pour pouvoir dire :

« Au moins, je ne suis pas seule. »

Je ne cherche donc toujours pas Homo Perfectus Unicornis

Je ne veux pas d'un homme parfait. D'ailleurs, quelle horreur. Je serais obligée de devenir parfaite moi aussi et franchement, j'ai autre chose à foutre. 😂

Je veux un homme humain. Avec ses contradictions. Ses défauts. Ses peurs. Ses blessures. Ses jours sans. Ses erreurs.

Un homme qui pourra parfois me saouler — soyons réalistes. Et que je saoulerai probablement aussi.

Mais j'aimerais un homme capable de dire :

« Là, j'ai merdé. » « Là, je ne suis plus aligné avec ce que je t'avais dit. » « Là, j'ai changé d'avis. » « Là, je préfère arrêter. »

Ou tout simplement :

« Je voulais te prévenir. »

Révolutionnaire, je sais.


Et s'il n'existe pas ?

Eh bien... je continuerai à vivre. À aimer. À rire. À créer. À voyager. À faire des grasses matinées. À boire des mojitos qui me feront probablement encore passer des nuits catastrophiques.

À construire une vie qui me ressemble.

Et peut-être qu'un jour, au détour de cette vie, je rencontrerai enfin cette espèce étrange :

Homo Alignatus Vibratus. 🦄

Pas parfait. Pas mythologique. Juste un homme qui me fait vibrer sans me demander de renoncer à mes valeurs pour pouvoir lui faire une place.

Et si je ne le rencontre pas aujourd'hui ? Ce n'est pas grave.

Parce qu'entre une présence qui trouble ma paix et ma paix elle-même... je sais désormais exactement laquelle je choisis.

Et rassurez-vous. Le bazooka est toujours rangé. 😂
La déesse solaire, elle, continue son chemin. ☀️ Mea Gloria

Et si tu réapprenais, toi aussi, à écouter tes propres standards ?

Je serai heureuse de t'accompagner, à ton rythme, avec ce que je suis.

Commençons à écrire la suite