Maternité · Reconstruction

« Je préfère me sacrifier pour mes enfants »

Les Chroniques de Mea Gloria

Cette phrase, je l'ai entendue souvent. Et pendant des années, je l'ai moi-même vécue.

« Je préfère me sacrifier pour mes enfants. » « Mes enfants passent avant moi. » « Je tiendrai jusqu'à ce qu'ils soient grands. » « Ce n'est pas grave si je ne suis pas heureuse. Tant qu'eux le sont. »

Je comprends ces phrases.

Parce que je les ai pensées, moi aussi.

Pendant des années, j'ai cru que rester, supporter, prendre sur moi, faire passer mes besoins après ceux de tout le monde était une manière d'aimer mes enfants.

Ils étaient ma priorité. Alors moi, je pouvais attendre.

Mon bonheur pouvait attendre. Mes besoins pouvaient attendre. Mes envies pouvaient attendre. Ma vie pouvait attendre.

Sauf qu'à force d'attendre...

je me suis éteinte.

Je souffrais en silence. Je continuais à faire ce qu'il fallait faire. À être maman. À gérer. À avancer. À sourire aussi parfois.

Mais quelque part à l'intérieur, je n'étais plus vraiment là.

Et avec le recul, j'ai compris quelque chose d'essentiel :

Faire de mes enfants une priorité ne devrait pas nécessiter de faire de moi la dernière des priorités.

Sacrifices pour ses enfants, et se sacrifier soi-même

Il y a une immense différence entre faire des sacrifices pour ses enfants et se sacrifier soi-même.

Bien sûr que devenir parent demande des renoncements. On donne du temps. On réorganise sa vie. On fait parfois passer leurs besoins avant les nôtres. On traverse des périodes où l'on s'oublie un peu.

C'est aussi ça, aimer.

Mais lorsque le « un peu » devient des années...

Lorsque tu ne sais même plus ce que tu veux...

Lorsque tu restes continuellement dans une situation qui te fait souffrir en te répétant que c'est pour eux...

Lorsque tu t'habitues à vivre éteinte...

Alors peut-être qu'une autre question mérite d'être posée.

Qu'est-ce que mes enfants apprennent de l'amour en me regardant vivre ?

Pas à travers les discours que je leur fais. À travers ce que je leur montre.

Quelle place une femme a-t-elle le droit de prendre ?

A-t-elle le droit d'avoir des besoins ? De poser des limites ? De changer de direction ? De dire « ça ne me convient plus » ? De poursuivre ses rêves ? De rire fort ? D'être amoureuse de sa vie ? De se choisir sans cesser d'aimer les autres ?

Parce que nos enfants n'apprennent pas seulement de ce que nous leur disons. Ils nous regardent vivre.

Ce que je veux leur transmettre

Aujourd'hui, je ne veux plus transmettre à mes enfants l'idée que l'amour consiste à disparaître pour ceux qu'on aime.

Je veux leur montrer autre chose.

Je veux qu'ils sachent qu'on peut aimer profondément sans s'abandonner. Qu'on peut prendre soin des autres sans cesser de prendre soin de soi. Qu'on peut être parent et rester une femme, un homme, un être humain avec des rêves, des besoins, des projets et une identité.

Et surtout, je voudrais qu'un jour, s'ils se retrouvent eux-mêmes face à cette question, ils ne pensent jamais :

« Je dois souffrir pour prouver que j'aime. »

Je voudrais qu'ils sachent que leur bonheur compte aussi.

Une priorité qui change de sens

Alors oui. Mes enfants sont ma priorité.

Mais aujourd'hui, cette phrase ne signifie plus :

« Je me sacrifie pour eux. »

Elle signifie :

« Je prends soin d'eux sans m'abandonner moi-même. »

Parce que je ne veux pas seulement leur offrir une mère qui tient debout.

Je veux leur montrer une femme qui vit.

Et peut-être que l'un des plus beaux héritages que nous puissions transmettre à nos enfants est celui-ci :

Tu peux aimer immensément les autres
sans jamais cesser de te choisir, toi aussi. Mea Gloria

Et si tu commençais, toi aussi, à te choisir ?

Je serai heureuse de t'accompagner, à ton rythme, avec ce que je suis.

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